DRAME. Le 7 avril 2007, Sophie Gravaud, 23 ans, a été enlevée à la sortie d'Atlantis et étranglée. Deux ans ce mardi que la jeune vendeuse a été tuée. Sa mère et son beau-père se livrent.
Le deuil
Martine : « Il y en a qui disent : 'Au bout de deux ans, la douleur doit s'apaiser'. Mais non. Cela fait toujours mal. Sophie me manque terriblement chaque jour. Évidemment, il y a des bons moments, il ne faut pas le nier, mais ces instants sont inexorablement mêlés de peine et de chagrin. Et encore, on a la chance d'être entourés de gens extraordinaires. Sophie est morte en avril, on avait prévu de se marier avec Rémi en juillet. On a honoré ce rendez-vous, mais cela a été terrible. On a respecté le plan de table préparé par Sophie, mais je peux vous dire que le jour du mariage, on a été pris d'un horrible coup de cafard sans Sophie. »
Rémi : « Faire le deuil, c'est accepter la mort. On peut accepter la disparition de ses parents parce que c'est la logique des choses. Mais là, ce qui s'est passé est inacceptable. On est dans la barbarie. Il est venu la tuer de sang-froid. »
Le procès
Martine : « Le procès, on l'attend avec impatience et on le redoute aussi. Ce sera la première fois que je verrai le meurtrier de Sophie. Ça me trotte dans la tête, je sais que le procès sera extrêmement éprouvant. Tout le mal qu'il a fait à Sophie sera évoqué, toutes les souffrances qu'elle a endurées. Vous savez, le rapport du juge d'instruction, je n'ai pas encore réussi à le lire en entier... »
Rémi : « Ce que l'on veut, c'est une vraie perpétuité, pas une peine avec 20 ans de sûreté. Je ne veux pas la mort de Ramiz Iseni, je veux qu'il soit privé de tout ce qu'il aimait : les jolies filles et le casino. »
Impossible pardon
Rémi : « Même s'il devait demander pardon, je dirais non. Un expert psychiatrique a dit que Ramiz Iseni était un être manipulateur, égocentrique et narcissique. Il a foutu nos vies en l'air, alors pardonner... La haine et le chagrin mélangés, vous savez, ça fait un sacré détonateur. La haine, ce n'est pas quelque chose de beau mais on n'y peut rien. C'est Ramiz Iseni qui l'a mise en nous. Pour nous, c'est le pire monstre qui soit sur cette Terre. »
L'image de Sophie
Martine : « Elle est en nous tout le temps. J'entends encore sa voix, toutes ses petites plaisanteries. C'est le silence dans la maison qui est difficile, ne plus entendre sa clé dans la serrure et la porte qui s'ouvre. Elle avait une personnalité incroyable. C'était une vie, une tornade. Elle était pétillante, pleine d'entrain. Elle était enfin heureuse après avoir vécu pas mal de galères. Elle avait décroché un CDI. Le soir de son embauche, elle était arrivée une bouteille de champagne à la main. Elle avait un petit copain dont elle était amoureuse et se préparait à emménager avec lui dans une maison. Elle avait acheté de la vaisselle pour cette occasion. Dans sa commode, on a retrouvé une liste de prénoms qu'elle aurait voulu donner à ses enfants... Tout le monde était heureux. D'un seul coup, ça s'est cassé la gueule. »
La vie sans Sophie
Martine : « Je vais la voir au cimetière. Parfois deux fois dans la même journée. Certaines personnes ont cru qu'on allait déménager après le drame, en raison de tous les souvenirs qu'il y a dans la maison. Mais c'est justement pour cela que l'idée de déménager était totalement exclue. C'est impossible. Sophie repose là, tout près. J'aurais l'impression de l'abandonner... »
Propos recueillis par Yan Gauchard
Presse Océan - 7 avril 2009